"Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le répéter."
George Santayana (1863 - 1952)
Histoire de la France 39-45
Histoire de la France pendant la Seconde guerre mondiale
Par Alexandre Clément
Documents audio-visuels
Maréchal Philippe Pétain  Maréchal Philippe Pétain
spacer
Allocution du maréchal Pétain, le 17 juin 1940.

Ligne de démarcation  Ligne de démarcation
spacer
Ligne de démarcation À St-Marcel.

Exécutions par la Gestapo  Exécutions
spacer
Exécutions de juifs par la Gestapo

Femmes juives dans Paris  Femmes juives
spacer
Femmes juives portant l'Étoile de David.

Rafle du Vel' d'Hiv'  Rafle du Vel' d'Hiv'
spacer
Familles juives dans le Vélodrome d'Hiver.

Tribunal de Nuremberg  Tribunal de Nuremberg
spacer
Procès au tribunal de Nuremberg

La France occupée  La France occupée
spacer
Carte de la France occupée par les forces allemandes

Les camps de concentration français  Les camps de concentration français
spacer
Carte des camps de concentration allemands en France

 

L'occupation allemande en France de 1940 à 1945

Lors de la défaite de l'armée française en 1940, le gouvernement de Vichy, représenté par le maréchal Philippe Pétain, signa l'accord de l'armistice avec l'Allemagne, le 24 juin 1940. À ce moment-lÀ, la France était profondément divisée entre la collaboration avec les Allemands ou la poursuite de la guerre. Nombreux furent les Français qui désapprouvèrent la signature de l'armistice et la collaboration franco-allemande.
     Cependant dans certains villages, les Allemands furent accueillis comme des héros : « [...] la population de la ville avait réservé un accueil chaleureux aux vainqueurs, les jeunes filles agitant mouchoirs et écharpes en direction des jeunes soldats athlétiques de la Wehrmacht, juchés sur leurs motos, beaux comme des dieux, les yeux étincelants de satisfaction. »1

     Les Allemands décidèrent de séparer la France en deux parties : la zone occupée par les Allemands (nord) et la zone libre (sud), administrée par le gouvernement vichyste. Cela tenait plutôt À servir les desseins d'Hitler qu'À satisfaire les Français. En effet, cela permettait d'exploiter les très nombreuses richesses de la France2 : « [...] les nazis disposent de moyens de pressions considérables sur Vichy : la ligne de démarcation entre les deux zones peut se transformer en frontière hermétique. » De plus, les Allemands fixèrent également des frais d'occupation considérables et annexèrent l'Alsace-Lorraine.
     La ligne de démarcation fut franchie par les forces armées allemandes en novembre 1942, après que les Alliés eurent envahi l'Afrique du Nord, sous prétexte de défendre le continent européen.


     Les Allemands, naturellement très organisés, se sont empressés, lors de la prise de la France, d'y installer une hiérarchie nazie. Beaucoup de maires et de conseillers municipaux ont été remplacés par certains de leurs compatriotes nazis. Les préfets ou fonctionnaires aux idéologies anti-nazies ont aussi été substitués, voire « éliminés ». La plupart des postes importants au gouvernement étaient occupés par des officiers allemands ou des français pronazis.
     Comme partout ailleurs, les Allemands établirent en France leurs « troupes d'épuration », les S.S. (abréviation de Schutzstaffel, « escouade de protection »), les Einsatzgruppen (« groupe d'extermination ») et la Gestapo (contraction de Geheime Staats Polizei, « police secrète d'état ») qui s'occupaient du « nettoyage ethnique », l'élimination des juifs.


     Malheureusement, en France, les Juifs ne furent pas mieux traités qu'ailleurs par les nazis. D'ailleurs, il y avait des camps de concentration en France, dont ceux de Drancy et de Struthof. On y envoyait principalement les juifs, les tziganes, les homosexuels, les prisonniers d'opinions, les résistants arrêtés... Les juifs étaient soumis, À peu de chose près, aux mêmes règles que ceux des autres pays : port de l'étoile de David, discrimination, interdiction de travailler / fréquenter (avec) les autres citoyens français, interdiction d'occuper des fonctions publiques, etc. La police française qui collaborait avec les polices allemandes (S.S.) effectuait des rafles périodiques dans certaines villes et certains quartiers juifs pour en extraire plusieurs centaines de juifs À envoyer vers les camps de la mort. « Le camp de Drancy, dans lequel s'entassent les juifs arrêtés par la police française, devient une antichambre d'Auschwitz. »3 Les juifs qui se cachaient étaient souvent dénoncés par des collaborateurs français. On estime que seulement 3 % des juifs (2 100 personnes) envoyés dans les camps de la mort ont survécu.

     Cependant, de nombreux français aidèrent les juifs À se cacher, souvent au péril de leur propre vie. Des réseaux de résistants organisèrent des filières d'évasion pour les juifs afin qu'ils puissent traverser la frontière et aller se réfugier en Suisse ou dans un autre pays non-occupé.

     Une des rafles les plus connues en France, fut celle du Vel' d'Hiv' (Vélodrome d'hiver) en juillet 1942. Plus de 9000 policiers participèrent À l'opération « Vent printanier » en France. Environ 13 000 juifs furent arrêtés dont une partie furent envoyés À Drancy. Près de 7 000 autres juifs furent parqués dans le Vélodrome d'hiver (XVe arrondissement) pendant cinq jours sans nourriture. Ils ont ensuite été envoyés vers la « Solution finale » dans des camps de la mort. Très peu en sont ressortis vivants.

     À l'époque, le gouvernement vichyste avait décidé de collaborer avec les Allemands et d'appliquer les mesures antisémites en France afin d'obtenir un allègement des conditions d'armistice. « En se plaçant dans la perspective d'une Europe allemande, Vichy s'engage dans la voie de collaboration avec l'Allemagne nazie. »4 Près de 70 000 juifs furent ainsi déportés en Allemagne À cause de cette politique raciste. Aujourd'hui, la France tente de faire une croix sur ce douloureux passé. Le gouvernement français a reconnu ses erreurs et la plupart des coupables ont été jugés au tribunal de Nuremberg pour des crimes de guerre qu'ils avaient commis. Néanmoins, des souvenirs terribles viennent encore hanter les personnes qui ont survécus aux camps de l'enfer.